Différences entre poudre et extraits de champignons médicinaux
Sur le marché des champignons médicinaux, il existe une confusion généralisée entre les différents formats disponibles : poudres de champignons déshydratés, extraits aqueux, extraits alcooliques, extraits secs et extraits hydroalcooliques. Cette apparente complexité cache, en réalité, des différences fondamentales qui déterminent la biodisponibilité, la concentration en principes actifs et, en fin de compte, l'efficacité thérapeutique du produit. Comprendre ces différences est essentiel pour prendre des décisions éclairées sur le type de complément de champignons médicinaux à choisir pour chacune d'entre nous.
Le problème de la chitine : Pourquoi ne suffit-il pas de moudre le champignon ?
Les champignons ne sont pas des plantes (cela semble logique et c'est aujourd'hui de notoriété publique, mais il n'y a pas si longtemps les champignons étaient classés dans le règne végétal) ; par conséquent leur biologie est différente et il est crucial de le comprendre : leurs cellules n'ont pas de cellulose, mais sont protégées par des parois de chitine, le même matériau résistant qui forme la carapace des insectes et des crustacés. Cela présente trois barrières biologiques fondamentales :
- Force structurelle : La chitine est une fibre extrêmement dure conçue pour protéger, notre digestion n'est pas préparée pour la digérer.
- Manque d'enzymes : L'estomac humain manque de l'enzyme nécessaire (chitinase) pour briser ces parois cellulaires de manière efficace.
- L'« effet coffre » : Les principes actifs (bêta-glucanes, triterpènes) sont piégés à l'intérieur de ces parois. Si nous ne brisons pas le coffre, nous ne pouvons pas accéder au trésor.
C'est pourquoi, lorsque nous consommons des champignons déshydratés en poudre (micronisés), nous ingérons principalement des fibres indigestes. Bien qu'ils aient une certaine valeur nutritionnelle, la biodisponibilité des principes actifs (médicinaux) est très faible car notre corps ne peut pas les extraire.
Extraction simple de champignons : eau ou alcool
Pour libérer les composés bioactifs piégés à l'intérieur des cellules fongiques, un processus d'extraction est nécessaire. Les méthodes les plus basiques utilisent un seul solvant, soit de l'eau chaude soit de l'alcool, pour briser les parois cellulaires et solubiliser les principes actifs.
L'extraction aqueuse, traditionnellement employée dans les infusions et décoctions de la médecine orientale, utilise de l'eau chaude à des températures proches de l'ébullition pendant des périodes prolongées. Cette méthode est efficace pour extraire les composés hydrosolubles (solubles dans l'eau), principalement des polysaccharides comme les bêta-glucanes, qui sont responsables d'une grande partie des propriétés immunomodulatrices des champignons médicinaux. Les bêta-glucanes sont des molécules hydrophiles qui se dissolvent bien dans l'eau, et l'extraction aqueuse à température élevée brise suffisamment les chaînes de chitine pour les libérer et les extraire.
D'autre part, l'extraction alcoolique utilise de l'éthanol comme solvant pour extraire les composés liposolubles ou peu solubles dans l'eau. Cette méthode est particulièrement efficace pour obtenir des triterpènes, stérols, alcaloïdes et composés phénoliques. Dans le cas du Reishi, par exemple, les triterpènes sont responsables de ses propriétés adaptogènes, anti-inflammatoires et hépatoprotectrices. Ces composés ont une nature chimique qui les rend pratiquement insolubles dans l'eau, de sorte qu'une extraction aqueuse ne les capture pas de manière significative.
La limitation fondamentale de l'extraction simple est que chaque solvant ne capture qu'une partie du spectre des composés bioactifs. Un extrait exclusivement aqueux manquera de triterpènes, tandis qu'un extrait purement alcoolique perdra une grande partie des polysaccharides. Cette limitation a conduit au développement de méthodes plus sophistiquées.
Double extraction (extraction hydroalcoolique)
La double extraction, également connue sous le nom d'extraction double ou hydroalcoolique, combine les deux méthodes dans un processus séquentiel qui capture à la fois les composés hydrosolubles et liposolubles. C'est la méthode que nous utilisons chez Boscum pour garantir que nos extraits contiennent le spectre le plus complet possible de principes actifs.
Chez Boscum, nous utilisons la méthode d'extraction hydroalcoolique pour optimiser la biodisponibilité des principes actifs.
Le processus commence par une extraction aqueuse à température contrôlée proche de l'ébullition. La matière première, c'est-à-dire le corps fructifère du champignon, subit un processus de macération dans de l'eau chaude pendant plusieurs heures. Cette étape brise les parois cellulaires de chitine et permet aux polysaccharides, y compris les bêta-glucanes, de se dissoudre dans l'eau. Après ce processus, le matériau est filtré et le liquide résultant est conservé, contenant les composés hydrosolubles concentrés.
Ensuite, le matériau restant, encore riche en composés liposolubles qui n'ont pas été extraits avec de l'eau, subit une extraction alcoolique. On utilise de l'éthanol à haute teneur qui, étant un solvant organique, est capable de dissoudre les triterpènes, stérols et autres composés de nature lipophile. Ce second extrait est également filtré, obtenant une solution alcoolique concentrée en ces principes actifs.
La phase finale du processus consiste à fusionner les deux extraits dans une proportion déterminée. Chez Boscum, après de multiples tests et analyses, nous avons optimisé cette proportion pour chaque type de champignon, garantissant que l'extrait final contient la concentration maximale de tous les composés d'intérêt. Le résultat est un extrait hydroalcoolique qui représente le spectre complet des bioactifs du champignon.
Résumé : Que consommez-vous réellement ?
| Format | Que contient-il ? | Biodisponibilité |
|---|---|---|
| Champignon en poudre | Beaucoup de fibres (chitine) et principes actifs piégés. | Faible |
| Infusion (Eau) | Seulement les composés solubles dans l'eau (Bêta-glucanes). | Moyenne |
| Extrait Double (Boscum) | Spectre complet : Bêta-glucanes + Triterpènes. | Très Élevée |
Comment interpréter le ratio de concentration sur l'étiquette ?
Sur les étiquettes des compléments de champignons médicinaux, il est courant de trouver des indications telles que 1:2, 5:1, 10:1 ou 15:1. Ces chiffres expriment la relation composé bioactif (extrait)-matière première, c'est-à-dire la proportion entre la quantité de matière première utilisée et la quantité d'extrait final obtenu.
Un extrait liquide avec un ratio 1:2 signifie que pour obtenir 2 grammes d'extrait final, 1 gramme de matière première sèche a été utilisé. Dans ce cas, le processus d'extraction ajoute le poids des solvants au poids des principes actifs extraits. C'est le format que nous utilisons dans nos extraits hydroalcooliques liquides.
Au contraire, un extrait sec avec un ratio 10:1 indique que 10 grammes de matière première ont été nécessaires pour produire 1 gramme d'extrait sec. Dans ce format, les solvants ont été complètement évaporés, ne laissant que les principes actifs concentrés sous forme de poudre. Nos gélules de Reishi contiennent un extrait sec 10:1 obtenu par double extraction, ce qui garantit une haute concentration dans un format pratique à consommer.
Cependant, il est fondamental de comprendre que le ratio de concentration, à lui seul, n'est pas suffisant pour évaluer la qualité d'un extrait. Un ratio élevé peut être obtenu simplement en évaporant davantage de solvant, sans que cela implique nécessairement une concentration plus élevée en composés bioactifs spécifiques. Pour cette raison, chez Boscum tous nos extraits sont analysés par des laboratoires indépendants de référence, qui quantifient et certifient la teneur réelle en triterpènes, bêta-glucanes et autres marqueurs spécifiques.
Extraits liquides versus extraits secs : avantages de chaque format
Les extraits de champignons médicinaux peuvent se présenter sous différents formats physiques, chacun avec ses propres avantages en termes d'absorption, de stabilité et de commodité d'utilisation.
- Les extraits liquides hydroalcooliques, comme ceux que nous produisons, offrent plusieurs avantages distinctifs. Le premier est l'absorption sublinguale, un mécanisme qui permet aux principes actifs de passer directement dans la circulation sanguine à travers les membranes muqueuses de la bouche, évitant le passage par l'estomac et le foie dans la première phase d'absorption. Cela accélère non seulement le début d'action, mais améliore également la biodisponibilité en évitant la métabolisation partielle qui peut se produire dans l'environnement acide de l'estomac et de notre foie. De plus, le format liquide facilite la personnalisation de la dose. Alors qu'une gélule contient une quantité fixe d'extrait, avec un extrait liquide il est possible d'ajuster la dose goutte à goutte selon les besoins individuels ou les recommandations d'un thérapeute. Cette flexibilité est particulièrement précieuse lorsqu'on travaille avec des formules adaptogènes qui peuvent nécessiter des ajustements progressifs.
- Les extraits secs en gélules, pour leur part, offrent la concentration maximale dans le volume minimum. Une gélule de 500 mg d'extrait sec 10:1 représente l'équivalent de 5 grammes de matière première, le tout dans un format compact et facile à transporter. Pour les personnes qui préfèrent éviter le goût caractéristique des champignons médicinaux ou qui recherchent une commodité maximale d'utilisation, ce format est idéal. Les gélules ont également l'avantage d'un dosage standardisé et précis, éliminant toute marge d'erreur dans la mesure.
Autres facteurs qui influencent la qualité de l'extrait
La méthode d'extraction n'est que l'un des facteurs qui déterminent la qualité finale d'un extrait de champignons médicinaux. D'autres éléments tout aussi cruciaux incluent la qualité de la matière première, les conditions de culture, la partie du champignon utilisée et le contrôle de qualité du produit final.
Chez Boscum, nous travaillons avec des champignons médicinaux cultivés sous certification biologique dans nos propres installations de La Garrotxa avec une matière première à kilomètre zéro. Ce contrôle total sur la culture nous permet d'assurer que les champignons poussent sur des substrats de qualité maximale, exempts de pesticides et de métaux lourds, et qu'ils sont récoltés au moment optimal de maturation, lorsque la concentration en principes actifs est maximale.
Nous utilisons exclusivement le corps fructifère des champignons, pas de mycélium cultivé sur grain. Bien que certains fabricants utilisent de la biomasse mycélienne cultivée sur des substrats de céréales, des études ont montré que ce matériau peut contenir plus d'amidon du substrat que de principes actifs fongiques, diluant la puissance de l'extrait final. Le corps fructifère, en revanche, est la partie du champignon avec la plus forte concentration de composés bioactifs spécifiques.
Il existe une exception notable à cette règle : le Chaga. Contrairement à d'autres champignons médicinaux, dans le cas du Chaga les composés actifs se développent principalement dans la masse mycélienne qui forme le sclérote, la protubérance noire qui pousse sur les bouleaux. Cette particularité du Chaga démontre qu'il n'existe pas d'approche unique applicable à toutes les espèces, et que la connaissance mycologique spécifique est essentielle pour optimiser le traitement de chaque champignon.
L'importance de l'emballage pour une conservation correcte
Un extrait de qualité maximale peut se dégrader rapidement s'il n'est pas conservé dans des conditions appropriées. Les principes actifs des champignons médicinaux, en particulier les triterpènes et les composés phénoliques, sont susceptibles à l'oxydation lorsqu'ils sont exposés à la lumière et à l'oxygène.
Pour cette raison, chez Boscum nous avons choisi des emballages en verre biophotonique MIRON fabriqués aux Pays-Bas. Ce type de verre violet foncé possède des propriétés uniques de filtration de la lumière. Alors que le verre transparent ou ambré laisse passer des radiations qui peuvent dégrader les composés sensibles, le verre MIRON bloque tout le spectre visible de la lumière sauf les radiations violette, ultraviolette et infrarouge. Paradoxalement, ces radiations spécifiques ne dégradent pas les principes actifs mais, selon des études photobiologiques, peuvent prolonger leur stabilité.
De plus, nos emballages sont scellés sous vide après le remplissage, éliminant l'oxygène de l'espace de tête et minimisant l'oxydation pendant le stockage. Cette combinaison de verre biophotonique et de scellage sous vide garantit que l'extrait conserve ses propriétés thérapeutiques intactes jusqu'au moment de la consommation.
Sources principales
- Lemieszek MK, Langner E, Kaczor J, et al. (2011). Anticancer effects of fraction isolated from fruiting bodies of Chaga medicinal mushroom, Inonotus obliquus. International Journal of Medicinal Mushrooms, 13(2):131-143.
- Smith JE, Rowan NJ, Sullivan R. (2002). Medicinal Mushrooms: Their therapeutic properties and current medical usage with special emphasis on cancer treatments. Cancer Research UK.
- Wasser SP. (2002). Medicinal mushrooms as a source of antitumor and immunomodulating polysaccharides
- Guthmann, J. (2024) Heilende Pilze Weltweit: Beschreibung - Inhaltsstoffe - Wirkung. Wiebelsheim: Quelle & Meyer Verlag.